Opérations sur les nombres relatifs
Additionner, c'est se déplacer
La leçon précédente a placé les nombres relatifs sur une droite graduée. Cette même droite donne le sens de l'addition : ajouter , c'est se déplacer de unités : vers la droite si est positif, vers la gauche s'il est négatif.
Calculer revient alors à enchaîner deux déplacements depuis l'origine : un premier jusqu'à , un second de unités.
Additionner, c'est enchaîner deux déplacements
Le premier déplacement part de l'origine et mène au premier nombre. Le second mesure autant d'unités que le second nombre : vers la droite s'il est positif, vers la gauche s'il est négatif. Le point d'arrivée est la somme.
Changez de cas pour voir les quatre configurations de signes.
3 + 5 = 8
Le second déplacement va vers la droite, et l'arrivée est à droite de l'origine, donc la somme est positive.
Ce modèle suffit à retrouver la règle, sans l'apprendre par cœur :
- Mêmes signes. Les deux déplacements vont dans le même sens, donc ils s'ajoutent. On additionne les distances à zéro et on garde le signe commun : .
- Signes contraires. Les déplacements s'opposent, donc ils se compensent en partie. On soustrait la plus petite distance à zéro de la plus grande, et le résultat prend le signe du nombre le plus éloigné de l'origine : , mais .
Le cas qu'on oublie. Quand les deux distances à zéro sont égales, la compensation est totale : . Une somme de deux nombres opposés est toujours nulle, et c'est cette propriété qui rendra les équations solubles plus tard.
Additionner des nombres relatifs
Combien font ?
Écrivez seulement un nombre, avec une virgule ou un point pour les décimales : 12,5 ou 12.5. Les fractions et les unités ne sont pas acceptées.
Soustraire, c'est ajouter l'opposé
Il n'y a pas de règle nouvelle pour la soustraction, parce qu'il n'y a pas d'opération nouvelle :
Soustraire un nombre revient à ajouter son opposé. Toute soustraction peut donc être réécrite en addition, puis traitée avec la règle précédente.
Réécrire une soustraction en addition
Les deux routes partent du même calcul ; une seule applique la définition de la soustraction. Calcul de départ : 5 − (−3)
Changez de méthode pour comparer les chemins.
- 5 − (−3)on soustrait le nombre −3
- 5 + 3soustraire −3, c'est ajouter son opposé 3
- 8deux positifs : les distances s'ajoutent
Résultat : 8
Retirer une dette de 3 euros enrichit bien le compte de 3 euros. C'est la route à suivre.
Cette transformation explique le résultat qui surprend le plus : . Retirer une dette de euros à un compte, c'est bien l'enrichir de euros.
Un contrôle utile. Après réécriture, l'expression ne doit plus contenir que des additions. S'il reste un signe de soustraction, la transformation n'a pas été menée à son terme.
Soustraire un nombre relatif
Par quelle addition peut-on remplacer ?
Simplifier les écritures
Enchaîner des signes produit des écritures comme ou , où deux signes se suivent. Les parenthèses servent à les séparer, mais on peut s'en débarrasser une fois la règle comprise :
| Écriture | Se simplifie en | Pourquoi |
|---|---|---|
| ajouter un positif fait avancer | ||
| ajouter un négatif fait reculer | ||
| retirer un positif fait reculer | ||
| retirer un négatif fait avancer |
Deux signes identiques donnent un , deux signes contraires donnent un .
Attention au piège. Cette règle porte sur deux signes qui se suivent, pas sur les signes des nombres eux-mêmes. Dans , il n'y a qu'un seul signe devant chaque nombre : rien à simplifier, le calcul vaut .
Simplifier une écriture à deux signes
Quelle écriture simplifiée correspond à ?
Multiplier et diviser
Pour la multiplication, la distance à zéro et le signe se calculent séparément : on multiplie les distances à zéro, puis on détermine le signe.
La règle des signes tient en une ligne : le produit de deux nombres de même signe est positif, celui de deux nombres de signes contraires est négatif.
On peut la comprendre plutôt que la subir. Multiplier par revient à prendre l'opposé, donc à basculer de l'autre côté de l'origine. Multiplier par deux fois de suite ramène au point de départ : .
La division suit exactement la même règle, puisque diviser par un nombre revient à multiplier par son inverse :
Pour un produit de plusieurs facteurs, il suffit de compter les facteurs négatifs : un nombre pair de facteurs négatifs donne un produit positif, un nombre impair donne un produit négatif.
Compter les facteurs négatifs
Le signe du produit ne dépend que du nombre de facteurs négatifs. Calcul de départ : (−2) × 3 × (−5)
Changez de méthode pour comparer les chemins.
- (−2) × 3 × (−5)deux facteurs négatifs
- + (2 × 3 × 5)nombre pair : le produit est positif
- 30on multiplie les distances à zéro
Résultat : 30
Séparer le signe du calcul évite de le perdre en cours de route, surtout avec plus de trois facteurs.
Une limite à connaître. Cette règle de comptage ne vaut que pour des produits et des quotients. Elle ne dit rien d'une somme : compte deux termes négatifs et reste pourtant négatif.
Multiplier et diviser des nombres relatifs
Combien font ?
Écrivez seulement un nombre, avec une virgule ou un point pour les décimales : 12,5 ou 12.5. Les fractions et les unités ne sont pas acceptées.
Enchaîner les opérations
Les priorités opératoires vues au primaire ne changent pas : parenthèses d'abord, puis multiplications et divisions, puis additions et soustractions, à priorité égale de gauche à droite. La seule nouveauté est qu'il faut maintenant suivre les signes à chaque étape.
Attention au piège. Dans , on ne calcule pas en premier. La multiplication reste prioritaire, même lorsque le premier terme est négatif et attire l'œil.
Enchaîner plusieurs opérations
Combien font ?
Écrivez seulement un nombre, avec une virgule ou un point pour les décimales : 12,5 ou 12.5. Les fractions et les unités ne sont pas acceptées.
Ce qui vient ensuite
Les règles de signes établies ici servent partout par la suite : elles gouvernent le calcul sur les fractions, le calcul littéral, et la résolution des équations. L'élévation à une puissance d'un nombre négatif (et la différence entre et ) attendra la leçon sur les puissances entières, où la notation est définie.