Logique : propositions, implication et négation

Propositions

Une proposition est un énoncé dont on peut dire s'il est vrai ou faux, même si on n'a pas encore tranché. « 2+2=42 + 2 = 4 » est une proposition vraie ; « 77 est pair » est une proposition fausse ; « Quelle heure est-il ? » n'en est pas une, c'est une question ; « Ferme la porte ! » non plus, c'est un ordre.

On note souvent PP, QQ les propositions, V ou F leurs valeurs.

Attention au piège. Une proposition fausse reste une proposition. « 77 est pair » se classe, elle a simplement la valeur F. Ce qui ne se classe pas, ce sont les questions, les ordres, les phrases ouvertes comme « xx est pair » tant que xx n'est pas fixé.

ExerciceÉtape 1/5

Reconnaître une proposition

Comment classer : « Paris est la capitale de la France. » ?

Et, ou, non

On combine les propositions :

  • conjonction P∧QP \land Q (« PP et QQ ») : vraie seulement si les deux le sont
  • disjonction P∨QP \lor Q (« PP ou QQ ») : vraie dès qu'au moins l'une l'est (le « ou » inclusif)
  • négation ¬P\neg P : inverse la valeur de PP

Nier deux fois revient au départ : ¬(¬P)⇔P\neg(\neg P) \Leftrightarrow P.

Nier un « et », c'est un « ou » de négations : loi de De Morgan :

¬(P∧Q)  ⇔  ¬P∨¬Q.\neg(P \land Q) \;\Leftrightarrow\; \neg P \lor \neg Q.

De même, ¬(P∨Q)⇔¬P∧¬Q\neg(P \lor Q) \Leftrightarrow \neg P \land \neg Q.

Exemple. Nier « nn est pair et multiple de 33 », c'est dire « nn est impair ou nn n'est pas multiple de 33 ».

Attention au piège. « Tous les chats ne sont pas gris » n'est pas « aucun chat n'est gris ». Nier « tout xx vérifie PP », c'est « il existe un xx qui ne vérifie pas PP », pas « aucun xx ne vérifie PP ».

ExerciceÉtape 1/5

Et, ou, non

P∧QP \land Q est vraie lorsque…

Implication et équivalence

P⇒QP \Rightarrow Q se lit « PP implique QQ » : chaque fois que PP est vraie, QQ l'est aussi. Cette implication n'est fausse que si PP est vraie et QQ fausse. Quand PP est fausse, P⇒QP \Rightarrow Q est vraie, que QQ le soit ou non.

P ⇒ Q n'est fausse que dans un cas

Parcourez les quatre couples de valeurs. L'implication est fausse uniquement quand on part du vrai pour conclure au faux.

Une implication ne dit rien sur ce qui se passe quand P est fausse.

P est vraie, Q est vraie : P ⇒ Q est vraie.

P vraie et Q vraie : l'implication est vraie. Si l'hypothèse tient, la conclusion aussi.

Exemple. « nn est multiple de 44 ⇒\Rightarrow nn est pair » est vraie. La réciproque « nn est pair ⇒\Rightarrow nn est multiple de 44 » est fausse : 66 est pair, pas multiple de 44.

P⇔QP \Leftrightarrow Q (« PP équivaut à QQ ») signifie les deux implications à la fois : PP et QQ ont toujours la même valeur.

(P⇔Q)  ⇔  ((P⇒Q)∧(Q⇒P)).(P \Leftrightarrow Q) \;\Leftrightarrow\; \bigl((P \Rightarrow Q) \land (Q \Rightarrow P)\bigr).

Un contrôle utile. Pour montrer P⇒QP \Rightarrow Q, on suppose PP vraie et on en déduit QQ. Un exemple où PP est vraie et QQ fausse suffit à réfuter l'implication.

Ce que cette leçon prépare. Le raisonnement par récurrence s'appuie sur une implication P(n)⇒P(n+1)P(n) \Rightarrow P(n+1). Sans savoir ce que vaut cette flèche, l'initialisation et l'hérédité n'ont pas de statut.

ExerciceÉtape 1/5

Implication et équivalence

P⇒QP \Rightarrow Q est fausse dans quel cas ?