Forme canonique d'un trinôme du second degré

Un trinôme, une parabole

Un trinôme du second degré est une expression

f(x)=ax2+bx+c(a≠0).f(x) = ax^2 + bx + c \qquad (a \neq 0).

Sa courbe est une parabole. Le signe de aa décide de l'ouverture : vers le haut si a>0a > 0, vers le bas si a<0a < 0. C'est la même géométrie que x↦x2x \mapsto x^2 dans le thème Analyse (fonctions de référence), translatée et dilatée.

La forme canonique range ce trinôme autour de son sommet :

f(x)=a(x−α)2+β,f(x) = a(x - \alpha)^2 + \beta,

avec α=−b2a\alpha = -\dfrac{b}{2a} et β=f(α)\beta = f(\alpha). Le point (α ; β)(\alpha\,;\,\beta) est le sommet. La droite x=αx = \alpha est un axe de symétrie.

Laboratoire : forme canonique

Déplacez le sommet (α ; β) et changez le coefficient a. La forme canonique est a(x − α)² + β.

Le sommet glisse quand α ou β change ; a écarte ou resserre les branches, et les retourne s'il change de signe.

-4-4-2-22244(1 ; -1)

Forme canonique : f(x) = 1(x − 1)² − 1. Développée : f(x) = 1x² − 2x + 0.

a > 0 : la parabole s'ouvre vers le haut, β est un minimum.

Attention au piège. α\alpha n'est pas bb, ni cc. Pour x2+4x+1x^2 + 4x + 1, α=−2\alpha = -2, pas 44. Prendre le coefficient de xx pour abscisse du sommet décale toute la courbe.

ExerciceÉtape 1/4

Lire la forme canonique

Dans f(x)=2(x−3)2+1f(x) = 2(x - 3)^2 + 1, les coordonnées du sommet sont…

Passer de ax2+bx+cax^2+bx+c à a(x−α)2+βa(x-\alpha)^2+\beta

On complète le carré. Pour a=1a = 1 :

x2+4x+1=(x2+4x+4)−4+1=(x+2)2−3.x^2 + 4x + 1 = (x^2 + 4x + 4) - 4 + 1 = (x + 2)^2 - 3.

Le 44 ajouté est (b2)2\bigl(\dfrac{b}{2}\bigr)^2. En général, α=−b2a\alpha = -\dfrac{b}{2a} évite de chercher à tâtons.

Compléter le carré : x² + 4x + 1

On fabrique (x + 2)², qui vaut x² + 4x + 4, puis on retire l'excédent. Calcul de départ : x² + 4x + 1

Changez de méthode pour comparer les chemins.

  1. x² + 4x + 1on vise (x + 2)²
  2. (x² + 4x + 4) − 4 + 1on ajoute 4, on retranche 4
  3. (x + 2)² − 3forme canonique, a = 1

Résultat : (x + 2)² − 3

Le sommet est (−2 ; −3) : α est l'opposé de 2, β vaut −3. a = 1 > 0, le minimum est −3.

Exemple. 2x2−8x+52x^2 - 8x + 5. Ici a=2a = 2, α=84=2\alpha = \dfrac{8}{4} = 2, β=f(2)=8−16+5=−3\beta = f(2) = 8 - 16 + 5 = -3, donc 2(x−2)2−32(x - 2)^2 - 3.

Un contrôle utile. Développer a(x−α)2+βa(x - \alpha)^2 + \beta. On doit retrouver ax2+bx+cax^2 + bx + c. Si le terme en xx ne colle pas, α\alpha est faux.

ExerciceÉtape 1/4

Compléter le carré

La forme canonique de x2+4x+1x^2 + 4x + 1 est…

Lire le sommet, le min, le max

Puisque (x−α)2≥0(x - \alpha)^2 \geq 0 :

  • si a>0a > 0, f(x)≥βf(x) \geq \beta : β\beta est un minimum, atteint en x=αx = \alpha
  • si a<0a < 0, f(x)≤βf(x) \leq \beta : β\beta est un maximum

La parabole croise l'axe des abscisses selon le signe de β\beta et de aa : on le verra en factorisant, puis avec le discriminant. Pour l'instant, la forme canonique dit où est l'extremum, pas encore combien de racines.

Ce que cette leçon prépare. Factoriser a(x−α)2+βa(x - \alpha)^2 + \beta quand β\beta et aa ont des signes opposés, c'est une différence de carrés. Le discriminant, ensuite, traitera tous les cas, y compris ceux où le sommet ne traverse pas l'axe.

ExerciceÉtape 1/4

Sommet, min, max

f(x)=(x−2)2−3f(x) = (x - 2)^2 - 3 a pour minimum…